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ANALYSE

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L段conographie nostradamique
et le Kalendrier des Bergiers (II)

par Jacques Halbronn

    La recherche des sources a généralement pour effet de faire prendre conscience de ce qu置n texte ou une image ont été sortis de leur contexte et qu段ls n弾n retiennent qu置ne partie. On le sait assez à propos des sources textuelles, on le sait moins quant aux sources iconographiques pour lesquelles la recherche se limite souvent à localiser létat le plus ancien du document sous la forme qu弛n lui connaît - c弾st particulièrement le cas des 12 signes du Zodiaque - alors qu段l conviendrait de poursuivre jusques à parvenir à un ensemble plus vaste dont les images étudiées auraient été extraites, c弾st-à-dire dont elles ne seraient que des éléments.

   Nous présentons ici la suite d置ne étude (nー 85) du même nom, parue sur Espace Nostradamus. En fait, sur certains points, nous avons approndi notre réflexion et mieux su exploiter les matériaux disponibles. Nous avons, dans un précédent article1, montré comment tel almanach nostradamique anglais pour 1563 avait attiré notre attention, en raison de sa vignette, ce qui nous avait permis de montrer qu段l s誕gissait de la traduction de l誕lmanach Barbe Regnault pour 1563, ce qui n誕vait jamais, à notre connaissance, été signalé.

   On peur parler, en l弛ccurrence, de “déviances”, en ce que notre représentation du cours des choses s弾n trouve biaisé, que cela tienne à des contrefaçons délibérées ou à des corruptions dues surtout à l段ncompréhension de ce qui est transmis. Les deux aspects se recoupant souvent, dès lors que l段ncompréhension conduit à valider les contrefaçons.

   Un des derniers arguments soulevés, en désespoir de cause, par certains nostradamologues, face à nos résultats de recherche, consiste à affirmer que l弛n ne pouvait pas fabriquer aux XVIe et XVIIe siècles déditions antidatées aussi parfaites, c弾st-à-dire aussi conformes à la période dédition supposée. L弛n sortirait ainsi du terrain de la critique interne, un peu trop complexe pour l弾ntendement et la formation de certains, pour se réfugier dans le bastion de la critique matérielle. Il faudrait d誕illeurs se demander sur quoi se base la réalisation de bibliographies, quelle en est lépistémologie. Il serait bon qu置n de nos bibliographes s弾xplique un jour sur ses méthodes de travail, ce ne serait pas triste.

   En réalité, le problème des faux antidatés ne se distingue guère de la question des rééditions. La seule différence, c弾st qu誕u lieu de rééditer un texte déjà paru chez léditeur annoncé, on se sert de son matériel éditorial pour publier un texte qui n弾st pas paru chez lui ou en tout cas pas avec le même contenu, si le titre a été conservé. Le cas de Macé Bonhomme, signalé par Patrice Guinard2 est caractéristique : visiblement on s弾st servi pour fabriquer la fausse édition 1555 des Centuries d誕utres ouvrages mis en lumière par ce libraire. Or, est-il beaucoup plus difficile de rééditer le même ouvrage d置n libraire donné, à trente ans de distance, que déditer un ouvrage inconnu de ce libraire, mais avec les éléments propres au dit libraire ? Un autre cas de figure peut être celui d置n libraire qui n誕 pas publié à la date indiquée l弛uvrage en question mais qui l誕 publié ultérieurement en faisant croire qu段l l誕vait publié antérieurement ; il sera bien placé pour fabriquer un parfait vrai faux. Ou encore, un libraire ayant bien publié le dit ouvrage épuisé et prétendant trente ans après qu段l lui en reste en stock et en faisant alors un retirage, comme si de rien nétait, sans annoncer qu段l s誕git d置ne nouvelle édition.

   Renversons plutôt le problème : face à toutes ces manipulations matérielles possibles et réalisables qui peuvent tenter le monde des libraires - ce qui leur confère un certain pouvoir - la seule issue n弾st-elle pas précisément la critique interne dans la mesure où de telles contrefaçons comportent, quant à leur contenu intellectuel, des aberrations chronologiques, au vu de l檀istoire du texte concerné ? On est un peu dans l弛pposition entre Science et Technique, certains nostradamologue préférant se situer sur le plan technique et d誕utres sur le plan scientifique, à ce détail près que les considérations proprement techniques sont assez rudimentaires.

   Dans la présente étude, nous étudierons l段nfluence et la fortune d置n ouvrage majeur pour l檀istoire des Almanachs, à savoir le Kalendrier et Compost des Bergers, dont les premières éditions imprimées datent des années 1490 et peut-être un peu avant.3

   Nous avions déjà évoqué ce que doit la production nostradamique à cet ouvrage maintes fois réédité tout au long du XVIe siècle et qui fit également carrière Outre Manche, dès sa première décennie, sous le titre de Shepherd痴 Kalendar. Nous présentons ici un dossier plus conséquent.

   Rappelons déjà nos observations antérieures, concernant les quatrains et la vignette “M. De Nostradame” figurant sur les éditions des Prophéties de Michel Nostradamus 1555, 1557, 1588, 1589 ainsi que sur la pronostication pour 1562 et sur un certain almanach pour 1563, - ainsi que sur tel almanach anglais pour la même année 1563 - les deux dernières productions françaises portant référence à Barbe Regnault.4 Cette série se distingue en effet très nettement de celle placée sur les Pronostications annuelles pour 1555, 1557, 1558 et sur les Significations de l脱clipse pour 1559. Nous avons montré que c弾st cette seconde série qui relève de la gravure du Berger de la Montagne et non pas la première qui dérive, elle, de la vignette représentant Galien, dans lédition Antoine du Rosne 1557 ou 1558 de la traduction par Michel de Nostredame de la version latine de la Paraphrase sur l弾xortation de Ménodote de Galien.5

   Les gravures sont souvent issues de peintures en couleurs, c弾st ainsi que le Kalendrier des Bergers tient des Livres d檀eures. Même la vignette campant un personnage écrivant dans son cabinet pourrait bien venir d置ne fresque de 1480 due à Domenico Ghirlandaio, se trouvant à Florence, à l脱glise des Ognisanti (Toussaint). Elle représente Saint Jérôme (Ve siècle) commentateur et surtout traducteur de la Bible en latin, bien connue sous le nom de Vulgate.

Saint Jérôme

Saint Jérôme, traducteur de la Bible en latin (Vulgate) dans son cabinet détude, par Domenico Ghirlandaio :
une fresque peut être à l弛rigine de la vignette du “Kalendrier des Bergers”,
reprise dans les Pronostications annuelles de Nostradamus (1557-1558)

   Nous fournissons ci-dessous toute une série de vignettes ou gravures issues de diverses éditions du Kalendrier des Bergers (KB). Le rapprochement avec la vignette des Pronostications de Nostradamus nous semble assez frappant et l弛n peut même considérer que c弾st celle qui figure dans lédition de Nicolas Bonfons du Grand Kalendrier et Compost des Bergiers qui a pu servir pour ce faire, car il convient de rechercher les sources les plus proches, celles qui ont été transposées quasiment telles quelles.

   Un autre aspect bien connu du dossier6 concerne le recours aux quatrains dans les almanachs de Nostradamus, plus précisément dans les calendriers qui s馳 trouvent car alors la comparaison est assez saisissante. Une seule exception, on le sait, est celle de l誕nnée 1555, où les quatrains, étrangement, se trouvent dans la Pronostication et point dans le cadre d置n calendrier. On ne saurait passer sur cette anomalie.

   On connaît des almanachs de Nostradamus qui comporte les quatrains en dehors du calendrier. C弾st notamment le cas de l誕lmanach pour 1565, Lyon, Benoist Odo, le seul cas où un almanach de Nostradamus comporte une vignette représentant un personnage, en dehors de l誕lmanach Barbe Regnault 1563 et de sa version anglaise, dont nous avons qu段l s馳 trouvait une vignette de type Galien, laquelle se caractérise notamment par un personnage assis dans un fauteuil et non sur un petit banc comme dans la vignette “M. De Nostredame”.

   Cet almanach pour 1565 ne comporte plus de quatrains dans le calendrier mais les dits quatrains se retrouvent bel et bien dans le corps de l弛uvrage, dans une présentation qui nous semble très proche de celle de la Pronostication pour 1555, supposée parue dix ans plus tôt.7

   Tout se passe donc comme si les faussaires avaient pris exemple sur l誕lmanach pour 1565 ou un autre du même genre dont ils disposaient pour élaborer cette Pronostication pour 1555. Nous reproduisons la transcription de Chevignard avec le passage correspondant, malheureusement très peu lisible, du quatrain pour décembre 1555, du Manuscrit de la Bibliothèque de Lyon La Part Dieu ainsi que des pages de l誕lmanach susmentionné pour 1565. On notera l誕ssez médiocre description des almanachs de Nostradamus tant par M. Chomarat que par R. Benazra, lesquels, par exemple, ne précisent, ni l置n ni l誕utre, que le calendrier de l誕lmanach pour 1565 ne comporte pas de quatrains tant et si bien que l弛n peut avoir l段mpression que les almanachs de Nostradamus suivent tous un seul et même agencement. A noter que cet almanach pour 1565 semble constituer une exception du moins par rapport almanachs conservés et c弾st précisément une telle présentation qui semble avoir été adoptée par la Pronostication pour 1555 bien plutôt que l段nverse.

   Ce qui nous paraît, en tout cas, fort improbable, contrairement à ce que nous a soutenu dans une récente réunion, à Toulouse, Patrice Guinard, c弾st que l弛n ait commencé par une formule hors calendrier pour passer ensuite à une formule quatrain calendrier. C弾st bien plutôt l段nverse qui est susceptible de sêtre passé, dès lors que l弛n dispose de la source, à savoir le KB. On a là un argument qui n弾st pas lié au contenu, ni à létude du papier ou des caractères mais qui relève de létude de la présentation des données de l弛uvrage considéré. Nous apprécions spécialement ce type d誕pproche même si nous ne négligeons pas les problèmes de contenu qui sont parfois plus difficiles à mettre en évidence. En fait, c弾st la combinaison de ces deux approches qui nous semble la meilleure formule.8

   Ce qui peut surprendre, c弾st que ce soit la Pronostication et non l誕lmanach, qui, dans la production nostradamique, comporte une vignette “*M. De Nostredame”, de type KB, ce qui semble indiquer que Pronostication et almanach étaient intimement associés et peut-être à l弛rigine ne faisaient qu置n, étant donné que l弛n n誕 pas conservé les exemplaires des premières années de la décennie 1550, alors que l弛n sait, notamment par Videl, qu段ls ont existé, sans parler du manuscrit du Recueil des Présages Prosaïques (RPP). On a là un contenu mais pas sa forme. Cela dit, si notre mise en question de la Pronostication pour 1555 se révèle correcte, le dit RPP, édité par Jean Aimé de Chavigny, mais apparemment resté au stade du manuscrit, à la différence du Janus Gallicus qui en est en partie le commentaire, deviendrait assez suspect. On a d誕illeurs du mal à croire que le JG de 1594 ait pu commenter des “présages” alors que ceux-ci n誕vaient fait l弛bjet d誕ucune édition globale et dataient d置ne quarantaine d誕nnées pour les plus anciens. On n弾xclura donc pas qu置ne édition imprimée du RPP ait eu lieu, sachant que de toute façon elle était prévue et devait paraître à Grenoble en 1589. Pour quelque raison, il semble en tout cas que l弛n ait publié le JG sans le RPP. Rappelons en outre que l弛n ignore quelle édition des Centuries VIII-X, le JG se sert étant donné que les dites centuries ne sont pas éditées à Paris, Rouen ou Anvers, dans les années 1580. Là encore, de quoi disposait le lecteur du JG, en 1594 (deux éditions) ou en 1596, quant à la réédition parisienne partielle ? On ne reviendra pas ici sur la question des éditions de ce que l弛n appelle généralement le “second volet” qui seraient parues selon Benazra et Chomarat, dans les années 1590, à commencer par lédition Cahors, Jacques Rousseau, 1590 et en poursuivant par les éditions rigaldiennes, à partir, précisément, de 1594.

   Laissons, pour l檀eure, de côté bien entendu les quatrains des Centuries qui correspondent à un état bien plus tardif mais qui dérivent, selon toute probabilité, de ce même phénomène des quatrains, mais cette fois sans lien avec une quelconque mention des mois et des années, ce qui ne semble pas faire problème pour le JG qui redate les Présages. Venons-en au passage des quatrains mensuels du KB à leur présence dans l誕lmanach de Nostradamus des années 1550. La différence principale tient au fait que les quatrains des almanachs sont renouvelés chaque année alors que ceux du KB ne bougent pas, étant donné que nous avons affaire à une sorte de calendrier perpétue, ce qui fait écho aux vaticinations perpétuelles de la toute première Epître à César, protocenturique. De surcroît les quatrains du KB sont en latin et non pas en français, si ce n弾st le chapeau. En revanche, dans le Compost et Kalendrier des Bergères (Guy Marchant, 1499, BNF Réserve V 1266 et Jehan ィPetit, s.d. V 275), les quatrains mensuels sont bien en français, on les appelle des “dits”. On trouvera au demeurant dans la littérature nostradamique des quatrains également en latin en exergue de prédictions mensuelles, mais hors du cadre du calendrier où le français est de rigueur pour les quatrains.

Benoist Rigaud et le Kalendrier des Bergers

   Nous avons retrouvé une édition datée de 1597, soit la dernière année d誕ctivité de Benoist Rigaud, du Grand Calendrier et Compost des Bergers.9 Or, nous notons que le dit Rigaud ou les Rigaud qui suivirent (Héritiers, Pierre etc), se sont servi des vignettes mythologico-planétaires pour certaines éditions des Centuries.

vignettes mythologico-planétaires

Vignettes mythologico-planétaires

   Il s誕git d置ne série de 7 écussons, entourés d置ne devise spécifique, portant le nom de l誕stre, entouré des vignettes des signes qu段l régit, et associé à un jour de la semaine différent et dans laquelle l段conographie nostradamique a puisé.

   Jupiter10, entouré des Poissons et du Sagittaire, est la vignette qui revient le plus souvent : elle illustre notamment une édition Benoist Rigaud, datée de 1568 : les Prophéties de M. Michel Nostradamus etc. Anatole Le Pelletier la reprendra en 1867, en frontispice de ses Oracles.

   Lécusson Soleil se retrouve dans une édition des Prophéties Perpétuelles de Moult, dont on sait qu置ne édition paraîtra en 1866, aux côté des Centuries Chevillot.

   Lécusson Mercure, comportant les Gémeaux et la Vierge, figure au XIXe siècle en frontispice des Nouveaux Pronostics de Maître Michel Nostradamus, Avignon, 1856/1857.

   Lécusson Saturne11 figure, quant à lui, en frontispice d置ne édition salonaise des Prophéties de M. Michel Nostradamus divisées en dix Centuries.

Jupiter et Saturne

Jupiter et Saturne dans les “Prophéties”

Jupiter

Jupiter dans les “Pronostications”

Mercure

Mercure dans les “Nouveaux pronostics”

Soleil

Soleil dans les “Prophéties perpétuelles”

   Nous n誕vons pas retrouvé à ce jour, dans le corpus nostradamique, les écussons de la Lune, de Vénus, de Mars, mais la présence de quatre écussons planétaires figurant dans le KB est suffisamment concluante.

   Par ailleurs, il existe des variantes des vignettes en question, c弾st ainsi qu置n écusson Jupiter mais sensiblement redessiné, et dans un cadre carré et non plus ovale, sans devise latine, figure au frontispice de la Prognostication pour 1567 de Mi. De Nostradamus, Paris, Guillaume de Nyverd. On doit tout de même se demander à quelle époque l弛n a commencé à utiliser les blasons planétaires du Kalendrier des Bergers. Autant que l弛n puisse en juger : assez tard, lédition Benoist Rigaud 1568 concernée étant antidatée. Il semble bien que dans les années 1566-1568, on recourut à des transpositions comme l誕tteste précisément la vignette Jupiter de la Prognostication pour 1567 et non des écussons du KB, peut-être du fait que le KB continuait à paraître. Par la suite, lécusson Jupiter du KB put être utilisé dans le corpus nostradamique.

   La présence de ces écussons qu段l faut bien qualifier d誕strologiques, puisque se référant à la théorie des Dignités planétaires, a probablement contribué à indiquer une certaine dimension cosmique.

   Le Kalendrier des Bergers, lui-même compilation de diverses sources iconographiques et autres, dont notamment les Très Riches Heures du Duc de Berry ( manuscrit conservé au Musée Condé de Chantilly), qui datent du début du XVe siècle, nous apparaît12 comme une source iconographique commune aux Centuries, au Tarot, au Zodiaque, aux Maisons astrologiques ce qui signifie moins des interférences entre ces différents corpus que le fait de puiser dans le même réservoir. La notion de source commune, comme nous nous en sommes déjà expliqué, à propos des points communs entre la production Crespin et celle des Centuries, nous semble épistémologiquement essentielle pour l檀istorien des textes et des images. On sait que cette idée de source commune a permis notamment, au XIXe siècle, en linguistique, de supposer l弾xistence d置ne langue indo-européenne, étant bien entendu que chacun n弾mprunte pas exactement la même chose et que ce n弾st que la somme des emprunts qui permet de reconstituer la dite source commune, souvent disparue alors que les corpus qui en dérivent ont survécu.

   La voie iconographique nous apparaît comme tout à fait déterminante et ce serait une grave erreur que de la négliger. C弾st ainsi que tout nostradamologue doit s段nterroger sur la possibilité que deux vignettes différentes cohabitent concernant la production d置n seul et même auteur. Or, c弾st ce qui se passe, en 1555 et en 1557, avec d置ne part une vignette Pronostication “M. de Nostre Dame” différente de la vignette Centuries. On ne voit pas, de toute façon, pourquoi la vignette Centuries, si tant est qu弾lles aient existé alors, aurait servi à la Paraphrase de Galien, d誕utant que toutes les productions nostradamiques de cette année là ne comportèrent pas du tout de vignette13, ainsi pour lAlmanach pour 1557, ainsi pour les Présages Merveilleux pour 1557, pourtant dédiés au Roi de France. Il faut souligner le fait que la “vraie” vignette comporte le nom “M. De Nostredame”, en bas, à gauche, et non la “fausse”, tout simplement parce que la fausse, au départ, ne prétendait pas représenter Nostradamus. Ainsi aucune des vignettes des éditions 1555 et 1557 des Centuries ne comporte cette appellation. Cela dit, la ressemblance entre les deux vignettes fut certainement cause de confusion et d誕illeurs nous n弾xcluons pas que la vignette Galien ait été reprise et adaptée de la vignette “M. De Nostredame”, tant il est probable que cette dernière vignette a du circuler avant 1557. Il serait en effet étonnant que les deux vignettes fussent apparues la même année.

Mention Nostradamus

Rapprochement entre la vignette Crespin et celle des Pronostications annuelles
(visage de la lune et mention du nom au sein de la vignette)

   Nous-même, n誕vons pas été toujours assez vigilants et nous en excusons car cela a retardé d誕utant la production d置n argument déterminant; nourrissant ainsi de vains espoirs chez certains nostradamologues croyant pouvoir encore “sauver” les éditions 1555 et 1557. Nous avons longtemps cru que l弛n pouvait placer au sein d置n même ensemble toutes les vignettes présentant un personnage dans son bureau sans nous rendre compte que nous avions affaire à deux familles différentes, l置ne dérivée du KB et l誕utre de l段magerie galénienne à telle enseigne que nous n誕vions pas pris garde notamment à ce que la vignette de la Pronostication Barbe Regnault pour 1562 différait de celle des Pronostications pour 1557 et 1558.14 Nous n誕vions pas non plus relevé que la vignette des éditions 1555-1557 était de la même famille que celle des éditions parisiennes Veuve Nicolas Roffet et Pierre Ménier.15 L段ronie du sort a voulu que la vignette que nous avions choisie avec Robert Benazra, pour le RCN, fût précisément la vignette Galien. Cela dit, qui saurait négliger parmi les nostradamologues sérieux le fait que Crespin16 ne mentionne que les quatrains de certaines centuries et qu段l n弾n donne jamais des références chiffrées (comme IV, 46, VIII, 32 etc), sans parler du fait qu段l n弾mploie pas le mot “centurie” avant la fin des années 1570 ?

   Bien entendu, une fois l誕rgument iconologique bien développé, tous les autres arguments viennent le renforcer. Non pas que la présence de la vignette “M. De Nostre Dame” soit la preuve irrécusable de l誕uthenticité d置n document - la Pronostication pour 1555 et les Significations de l脱clipse de 1559 en témoignent - mais l弛n peut, en revanche, affirmer que la vignette Galien, hormis bien entendu dans le cas de la Paraphrase elle-même, concerne toujours des faux, c弾st-à-dire des publications qui ne sont pas de Nostradamus, dès lors qu弾lle s誕pplique aux Prophéties, aux almanachs ou aux Pronostications. Mais là encore, il y a aussi des faux, comme dans le cas des éditions Benoist Rigaud 1568 qui ne comportent pas pour autant la vignette Galien.

Vignette Galien

La vignette “Galien” au fauteuil utilisée sur une fausse Pronostication. Pas de marque “M. de Nostredame”.
Même vignette que pour les éditions des Centuries 1555 et 1557, toutes aussi fausses.
Dans les “Significations”, vignette authentique au banc avec la marque “M. de Nostredame”,
à rapprocher de celle du “Kalendrier des Bergers”.
On notera la place de la sphère : dans un cas, sur la table et dans l'autre, côté de lécritoire,
comme dans la vignette du “Kalendrier des Bergers”.

   Avouons, en tout cas, que les faussaires n弛nt pas été bien prudents dans le cas Antoine du Rosne 1557.17 Jamais, ils n誕uraient du “domicilier” deux éditions des Centuries chez léditeur de la Paraphrase de Galien car cétait ainsi fournir, un peu trop facilement, une clef de leurs procédés, à savoir l置tilisation d置n même type de vignette. Certes, ce faisant, comme pour le cas Macé Bonhomme, ils s誕ppuyaient sur un matériel typographique bien défini et repérable, n誕ttendant plus que des experts nostradamologues zélés pour conclure que tout était bien authentique et dépoque. On sait, cependant, que cette imprudence n誕 guère nui à la réception des dites éditions Antoine du Rosne jusqu弾n notre début de XXIe siècle.

   En ce sens, désormais, c弾st lédition 1568 qui échappe au critère iconographique, ayant la chance de ne pas être affublée de la vignette Galien. Mais nous avons vu qu段l y avait tout de même un problème vignette concernant lédition 1568 avec écusson Jupiter. Curieusement, en dépit de nombreuses éditions portant la date de 1568, aucune ne recourt à l置ne ou l誕utre des vignettes “bureau”, qu弾lle soit KB ou Galien, évitant ainsi le piège. Pour les éditions 1568, l誕rgumentation est plus complexe et c弾st à une telle édition posthume, au demeurant signalée par Du Verdier, sans fournir le titre correspondant à celui que l弛n connaît, dans sa Bibliothèque de 1585 - comme l誕 heureusement rappelé Patrice Guinard - mais 1584 est un terminus bien tardif même pour nous ! - que les nostradamologues persuadés que Michel de Nostredame est bien l誕uteur des Centuries - car il a fort bien pu, comme l誕 montré Gérard Morisse publié quelque chose sous le nom de Prophéties - peuvent encore s誕ccrocher. La légende d置ne publication de prophéties centuriques du vivant de Nostradamus a en tout cas fait long feu, ce qui n弾st déjà pas si mal. Mais comment ne pas être interloqué par la multiplicité même des éditions Benoist Rigaud 1568, comportant toutes sortes de vignettes, notamment pour le second volet : un Atlas portant le monde sur ses épaules18, un personnage debout sur une sphère et brandissant un livre dans sa main gauche19, outre lédition comportant la vignette Jupiter reprise, on l誕 vu, du Kalendrier des Bergers, ces vignettes planétaires nétant apparues dans le corpus nostradamique qu誕u XVIIe siècle ?

   Les emprunts au compost “pastorien”, à savoir tant les calendriers des bergers que des bergères nous semblent assez patents. C弾st ainsi que le nom des saints, pour chaque jour du calendrier est placé dans les almanachs de Nostradamus vis à vis de présages lapidaires qui semblent avoir fait en partie leur succès. Or, il n弾st nullement certain que ces quatrains présages soient l弛euvre de Michel Nostradamus. On peut supposer qu段ls furent composés par quelque collaborateur de l誕uteur ou du libraire, transposant ainsi en vers certains éléments du pronostic en prose de l誕lmanach ou de la pronostication.

Soleil et lune Soleil et lune

Soleil et lune

Soleil et lune dans les vignettes

Sphère au zodiaque

La sphère au zodiaque tenue par un bras habillé,
dans une édition anglaise du “Kalendrier des Bergers” (XVIe siècle) et dans lédition des “Prophéties” (1590)

   De surcroît, l誕utre type de vignette ne comportant qu置ne main sortant d置n vêtement bouffant tenant une sphère à motifs zodiacaux, si fréquente dans le corpus nostradamique, est également attesté sinon dans le Kalendrier des Bergers du moins dans le Compost et Kalendrier des Bergères et ce avant même la naissance (1503) de Michel de Nostredame, puisque datant de la fin du XVe siècle. On trouve aussi un Homme Zodiaque tant dans le KB que dans les Très Riches Heures, dont la version est bien connue. Dans le cas du Zodiaque, lequel, on l誕 vu, constitue la frise du frontispice des Pronostications de 1555, 1557, 1558 mais non les vignettes des éditions 1555-1557 des Prophéties centuriques, on trouve bel et bien dans le dit corpus un cercle comportant les 12 signes et qui a fort bien pu servir à constituer la dite frise. Dans le KB, le dessin a pour centre un château, possible référence aux Très Riches Heures du Duc de Berry. On notera que sur les vignettes des mois, on trouve en général à l誕rrière plan l弾squisse d置n château différent. Or, chaque vignette des Très Riches Heures en comporte un. Un autre cas remarquable est celui de la présence du soleil, de la lune et des étoiles sur la vignette bureau. Il se trouve que cela correspond, de façon frappante, notamment dans le dessin assez naïf des luminaires, auxquels on confère un visage expressif, au ciel du frontispice du Kalendrier des Bergers. Mais ces luminaires figurent déjà dans la vignette du Berger. On ne retrouve pas, en tout cas, ce même pittoresque dans la vignette Galien laquelle pourrait, d誕illeurs, être dérivée de la vignette “M. De Nostredame”. Il y a là un paradoxe que nous avons déjà souligné, à savoir que les imitateurs passent parfois, par la suite, pour des sources. Ajoutons que cette vignette Galien a un air de famille avec d誕utres vignettes représentant un Sage de l但ntiquité. On pense ainsi à un frontispice d置ne édition allemande de Die Sieben Weisen Meister20 antérieure à la parution du Kalendrier des Bergers et en ce sens, la vignette Galien de la paraphrase pourrait avoir une origine commune, sur le plan iconographique, avec le KB et non pas dériver de lui. Sur cette vignette, on voit un personnage barbu et portant chapeau, debout, au chevet d置ne malade, dans une chambre. Mais point question ici de sphère.

Frise zodiacale

Frise zodiacale dans le “Kalendrier des Bergers”
et autour de la vignette Nostradamus des Pronostication 1557-1558. On remarquera, dans la première, au milieu, un château, probable référence aux “Très Riches Heures du Duc de Berry”.

   Les Riches Heures de Jean de France, duc de Berry font se dérouler les mois du calendrier dans un grand nombre de lieux, tant dans la région parisienne (comme Dourdan, Vincennes, Etampes) qu弾n province. En outre, y sont campés nombre de grands personnages évoquant par leurs noms toutes sortes de lieux21 ; une telle profusion géographique n弾st pas sans évoquer les quatrains centuriques.22

   Si, pour l誕strologie, nous avons affaire à des problèmes largement antérieurs à lère chrétienne, en revanche, pour ce qui est du corpus nostradamique, il ne remonte guère au delà d置n demi-siècle et les éléments de recoupement sont bien plus nombreux. Mais peut-être justement croit-on un peu naïvement qu置n phénomène aussi récent ne saurait comporter les mêmes ombres que, par exemple, ce qui tourne autour d置n autre personnage emblématique, à savoir Jésus dit de Nazareth.

   L弛n aura compris en tout cas que de telles recherches peuvent avoir des incidences sur nos représentations. Dans le cas des Centuries, il ne s誕git pas tant de laisser certains quatrains hors du champ exégétique, comme on l誕 pourtant fait pour les sixains, mais avant tout de reconsidérer leur histoire. Dans le cas de l誕strologie, il en est autrement, le fait de repenser le Zodiaque est-il susceptible de changer à terme la pratique sur ce sujet ? Peut-on imaginer une nouvelle zodiacologie, sur de nouvelles bases comme l誕strologie prétend le faire en intégrant de nouvelles données astronomiques qui nétaient pas prises en compte auparavant ou en tenant compte de la précession des équinoxes ? Il reste que notre étude démystifie sensiblement le Zodiaque dont il semble bien que nous ne connaissions qu置n état dégénéré et en tout état de cause parcellaire. En fait, le Zodiaque ne fait que symboliser les 12 mois de l誕nnée, ni plus ni moins. Le signe du verseau représente le mois de janvier et ainsi de suite. De nos jours, l誕strologue n弾st plus en mesure de justifier un tel ensemble, dont un des cas les plus insolites est probablement celui des Gémeaux qui ont perdu leur dimension de couple, pour des raisons qu段l conviendrait délucider. Dans le KB, en tout cas, il s誕git bien d置n homme et d置ne femme. Pourquoi en effet aurait-on à symboliser le mois de mai par des jumeaux ? On va nous parler de signes doubles mais il y en a quatre, pourquoi celui-là précisément au printemps. Le Zodiaque, on le sait, est encadré par tout un dispositif d脱léments, de planètes maîtresses, de nombres, de maisons, qui contribuent à masquer son incongruité. On est donc surpris de voir des astrologues réputés sérieux ne pas savoir résister à se référer au symbolisme zodiacal au lieu - ce qui est plus prudent - de s弾n tenir à leur dispositif structurel. De la même façon, les nostradamologues seraient-ils mieux avisés de se contenter de parler de quatrains et de Centuries sans chercher à tout prix à se référer à Michel de Nostredame. Nous savons que cela tient essentiellement à une dialectique entre l誕pproche populaire et l誕pproche savante des savoirs et que nombreux sont ceux, parmi les chercheurs, qui relèvent des deux à la fois, c弾st ce que l弛n appelle des dissonances culturelles. Il est vrai que le public a ses représentations avec lesquelles il faut transiger, puisque les dites représentations ont été le point de départ de la démarche du lecteur ou du client. Pour la culture populaire, le nom fait toujours sens, on y part du principe que le nom d置n objet en est la clef. Le signe du lion, d置n tel point de vue, ne peut échapper au fait qu段l s誕ppelle ainsi et que cela soit porteur d置ne certaine vérité, d置ne étymologie. De même, si une oeuvre porte le nom de Nostradamus, cela signifie ipso facto que cela a un rapport avec lui. S段l n弾n était ainsi, le peuple serait à la merci des clercs et de leur prétendue supériorité intellectuelle mais la Providence a voulu - c弾st du moins ce que l弛n veut que l弛n croie - que le nom des choses dévoile ce qu弾lles sont sans que l弛n ait à passer par le jugement des dits clercs. La littérature populaire, de colportage, dite Bibliothèque Bleue en raison de la couleur des couvertures, véhicule un savoir corrompu, incohérent, même au niveau iconographique, comme on peut l弛bserver justement à propos des éditions successives du Kalendrier des Bergers. A ce sujet, on ne peut que constater à quel point les vignettes - et pas seulement elles - se perpétuent d置ne génération à l誕utre, ce qui rend tout à fait vraisemblable la récupération d段mpressions anciennes en vue soit de rééditions, soit de contrefaçons.

Une cohabitation étonnante

   La fortune des éditions de 1557 est assez remarquable : voilà donc deux vignettes qui cohabitent, l置ne dans la Pronostication pour 1557, l誕utre dans la Paraphrase de Galien. Seule la première concerne alors Michel de Nostredame, celle précisément qui porte son nom dans un coin, M. De Nostredame alors qu誕u titre il est question de Maistre Michel de nostre (sic) Dame. Dans la Pronostication pour 1558, on passera à maistre Michel Nostradamus. Chose curieuse la Pronostication pour 1555 comporte de maistre Michel Nostradamus, qui aurait laissé la place pour 1557 à Michel de nostre Dame pour revenir l誕nnée suivante à maistre Michel Nostradamus. Tout se passe en fait, selon nous, comme si la Pronostication pour 1555 avait pris modèle sur la Pronostication pour 1558. L誕utre (Galien), certes, mentionne son nom en son titre sous la forme Michel Nostradamus sans le Maistre ni même une simple initiale comme dans ces Prophéties, signées M. Michel Nostradamus, supposées également parues en 1557, avec la vignette Galien. Ainsi Antoine du Rosne aurait-il ajouté un M. (pour Maistre) devant Michel Nostradamus quand il s誕gissait des Centuries. C弾st dire qu誕u cours des années 1555-1558, Nostradamus serait apparu sous pas moins de cinq intitulés différents (Michel Nostradamus, maistre Michel Nostradamus, M. Michel Nostradamus, M. De Nostre Dame, Michel de nostre Dame) et sous trois vignettes différentes : celle des Pronostications, celle de la Paraphrase Galien que l弛n retrouve dans version Utrecht 1557 et Macé Bonhomme 1555 et celle des Prophéties version Budapest, qui est une variante de la précédente Autant d弛bservations qui nous interpellent avant même d弛uvrir les ouvrages en question et dont on voudrait nous faire croire que ces différentes formes écrites et graphiques ont réellement toutes cohabité ou alterné au cours de ces quatre années.

   Nous terminerons en répondant à un courrier de Gérard Morisse, qu段l nous fait parvenir sans avoir lu la présente étude :

   “Je ne cesse de réfléchir sur vos études, toujours si passionnantes et indispensables. Je sais que “pour (v)ous, il n馳 a pas d誕rgument typographique”. Mais, si aucune discipline ne permet à elle seule de résoudre les questions en suspens - cela se saurait -, chacune d弾lles a son intérêt propre et concourt ainsi aux progrès de la connaissance. Personnellement, je souffre en voyant balayé d置ne phrase la remarquable étude de Patrice Guinard sur le matériel de Macé Bonhomme. J誕i réuni de mon côté à peu près la même chose sur Antoine du Rosne. Mon fichier sur les livres de Lyon au XVIe siècle comporte plus de 15.000 fiches, et j誕i examiné des milliers de ces ouvrages. Comment à cette époque pouvait-on fabriquer des “faux” ? - en éditant un livre sous plusieurs dates ; par exemple en 1560, publier à la fois des titres avec 1560, mais aussi avec 1561 et 1562. Cette méthode était très fréquente à Lyon. On s誕perçoit, statistiquement, que les ouvrages de 1561 et 1562 se trouvent plutôt dans les bibliothèques étrangères : les acheteurs voulaient toujours des livres récents. A la relecture de l弛uvrage de Roger Prévost, j誕i eu la tentation de me dire : et si les premières éditions étaient parues en fait en 1563 ou 1564 ? Mais aucune justification ne prévaut, à cette époque du moins ; - en retrouvant dix, vingt ou trente (ce n弾st pas rare) ans plus tard avec un stock ancien (mauvaises ventes, rachat ou héritage de fonds d誕nciens collègues, etc). La solution fréquente dans les années 1580 : on ré-imprime un premier cahier en changeant le nom de léditeur et la date. Malheureusement, la “bibliographie matérielle” permet assez aisément de découvrir la supercherie ; - en mettant sur un nouveau livre une date ancienne. Là il s誕git vraiment d置n faux. C弾st le cas des éditions Pierre Rigaud. Son matériel nétant pas typique du XVIe siècle, la tromperie ne surprend que peu de lecteurs. Votre hypothèse : il suffit de reprendre du matériel ancien. Les lettrines ont effectivement une longue durée de vie; mais alors elles sont utilisées avec d誕utres lettrines ou bandeaux plus récents ou d誕utres imprimeurs. Bien sûr, on peut regraver en 1580 du matériel comme celui utilisé par Bonhomme ou Du Rosne, mais le faire avec une perfection telle qu段l n馳 ait pas la moindre différence d誕vec l弛riginal, cela relève quasiment de l段mpossible. Le relatif succès des Prophéties à cette époque justifiait-il un tel investissement ? Les acheteurs de 1590 étaient-ils si doués pour s誕ssurer avec succès avant d誕cheter que ce nétait pas un faux ? Par contre, lettres, lettrines et décors étaient remis dans la casse dès qu段ls avaient servi à imprimer une “forme”. Ceci rend impossible une ré-utilisation ultérieure. Pardon pour ce long discours, mais létude matérielle peut aussi servir. Quant à l段conologie, merci de l誕border à nouveau. Les “images” appartenaient en général au libraire-éditeur, à la différence des lettres, lettrines, etc, propriété de l段mprimeur (ce qui rend délicate létude sur Benoît Rigaud). Leur étude doit donc, aussi, tenir compte de ces libraires, ce qui implique de les étudier par libraire ou groupe de libraires (privilèges conjoints, comme Kerver et Brotot-Volant). Il peut être utile de se souvenir qu但ntoine Volant était qualifié de “faiseur d段mages” à la fin de sa vie. Une précision : aux USA, les almanachs parus en Angleterre semblent nêtre que des copies. Il y a une petite collection d弛riginaux à l旦niversité de Birmingham. Sans Internet, je ne peux vous en donner les cotes. Mais vous pouvez les retrouver sur le site : http://copac.ac.uk/, à “Nostradamus”. Autre réflexion. Les contemporains de Nostradamus semblent utiliser un peu l置n pour l誕utre les mots de “présage”, “almanach”, “prophétie” ou “pronostication”. En septembre 1557, Brotot adresse à Nostradamus un ou des exemplaires de “l誕lmanach” imprimé par Lyserot (cf. La Correspondance). Du Rosne (dit Lyserot) ne semble pas avoir imprimé d誕lmanach ; par contre en septembre 1557, selon la version officielle, il venait d段mprimer les Prophéties. N弾st-ce pas ce que Brotot a voulu dire en parlant d誕lmanach ?”

Editions de luxe, éditions tout venant

   On reviendra sur certains points de cette lettre. Gérard Morisse a raison de se demander s段l était vraiment nécessaire que les faussaires prissent tant de précautions, se documentent à ce point : le jeu en valait-il la chandelle se demande-t-il pour conclure que cela plaide en faveur de l誕uthenticité de ces faux. Il faudrait dans ce cas considérer comme authentiques tout ce qui n弾st pas d置n anachronisme grossier comme le Pierre Rigaud 1566 : voilà un faux en bonne et due forme, bien maladroit, comme il se doit. Il est vrai qu誕u XVIIIe siècle, période où les fausses éditions 1566 furent produites, on était vraiment très loin des années 1550, ce qui nétait pas le cas des années 1570-1580. Gérard Morisse semble oublier que ces faux antidatés étaient précisément destinés à une clientèle de bibliophiles, de connaisseurs, le lectorat ordinaire pouvant se contenter déditions plus récentes. N弛ublions pas que les éditions des Centuries ont du souvent comporter deux versions la moderne, authentique quant à la date dédition et l誕ncienne, contrefaite, antidatée et donc exigeant plus de travail. Dans ce cas de figure, le faux coûte plus cher à fabriquer que le vrai. On n弾st pas ici à un paradoxe près : quand M. Morisse nous propose de comparer les différentes éditions entre elles et d弛bserver qu弾lles ne sont pas différentes, d置n point de vue matériel, il est clair qu段l faudrait d誕bord s誕ssurer que lédition “authentique” le soit vraiment car si elle est de la même époque que la contrefaçon, l誕rgument de la similitude peut se retourner et alors c弾st le faux ancien qui n誕rrive pas à se distinguer du vrai moderne, ce qui est normal puisqu段ls ont été fabriqués à peu près en même temps, le faux ancien étant postérieur à son modèle moderne et non l段nverse.

   Si on revient sur les éditions Macé Bonhomme, on ne peut comparer le modèle et sa copie puisqu段l n馳 a pas d弛riginal. C弾st pourquoi nous avions proposé d誕ppeler contrefaçon ce qui imite un document ayant existé et faux ce qui introduit un texte n誕yant jamais existé. Si Macé Bonhomme n誕 jamais publié les Centuries de Nostradamus, on ne peut donc parlé de contrefaçon mais de faux et donc on ne peut comparer telle édition des Centuries quà d誕utres productions de ce libraire lyonnais, ce qui empêche toute mise en évidence de certaines différences et pour cause.

   Nous ferons, en outre, remarquer à Gérard Morisse que ce qui est vraiment surprenant, c弾st justement la similitude extrême entre éditions pourtant fort éloignées dans le temps, similitude frappante dans le cas des éditions Benoist Rigaud 1568 et Pierre Chevillot, dans les années 1630 et ce tant sur le plan typographique, mise en page que sur celui du contenu. Le texte centurique serait ainsi né tel quel et les raccords, étrangement, apparaîtraient dans les années 1588-1590 et non... en 1557 ! Mais si les dites éditions 1588-90 sont, comme semble le penser Robert Benazra, la réemergence déditions plus anciennes, cela impliquerait alors que les originaux “anciens” aient existé. A moins de se contenter de dire qu段l y a eu à un certain moment une sorte de dégradation et qu弾nsuite on est revenu aux versions complètes. Mais une telle hypothèse de dégradation expliquerait mal pourquoi après le 53e quatrain de la IVe Centurie, on prend la peine, en 1588, d段ndiquer qu段l y a eu addition, ce qui se fait pas... en 1557. A propos des éditions Antoine du Rosne, on aimerait bien que M. Morisse nous expliquât pourquoi ce n弾st pas la même vignette qui sert pour les Centuries de 1555 et 1557 et pour les Pronostications de 1557 et 1558 - et qu弾n outre la vignette centurique ne porte pas le nom “M. De Nostredame” à la différence des dites Pronostications. Quelle coïncidence, vraiment, que la vignette Antoine du Rosne se retrouve en 1588 chez la Veuve Nicolas Roffet mais surtout que le même Antoine du Rosne ait utilisé cette même vignette pour un autre auteur que Nostradamus. Non, cher Monsieur Morisse, nous ne serons pas d誕ccord avec vous pour nous extasier sur la perfection des “faux” mais reconnaissons que ce sont des gens assez consciencieux, si l弛n peut dire et qui devaient “vieillir”, des productions récentes. Qui sait s段ls ne les détérioraient point, ne les tachaient délibérément afin de leur conférer quelque patine ? Un ouvrage supposé daté de trente ans ne devait pas avoir l誕ir dêtre tout juste sorti des presses. Ce sont donc ces éditions de luxe qui auront été conservées tandis que les éditions plus populaires étant moins précieuses, on était moins incité à les garder. D弛ù ce paradoxe selon lequel les faux se conservent mieux que les ouvrages ne se prétendant pas parus antérieurement à leur date de fabrication réelle. Un peu comme un film à costumes coûte plus cher à la production, demandant un travail important de documentation, de nombreuses reconstitutions, qu置n film censé se dérouler au temps de la dite production. Un film comme Ben Hur a plus frappé les esprits qu置n film nous parlant de nos contemporains et de nos voisins. Il nous semble, en tout cas, que nos faussaires auraient du prendre le risque de modifier quelque peu le texte, son orthographe, voire changer quelques mots, notamment quand un verset est incompréhensible, de façon à créer un effet de perspective. Certes, on peut aussi se demander avec P. Guinard, pourquoi il y a des variantes entre les différents exemplaires des éditions Macé Bonhomme 1555, comme l誕vait déjà noté en 1983 Robert Benazra, alors que pour les éditions Antoine du Rosne, il s誕git bien déditions différentes, avec un nombre différent de quatrains. Ces variantes 1555 (entre exemplaires Albi et Vienne) furent-elles produites délibérément ou non ? Il nous semble qu段l a pu s誕gir d置n retirage et éventuellement par un autre libraire que pour le premier, étant bien entendu que dans un cas comme dans l誕utre, il ne s誕gissait pas de Macé Bonhomme.

   Un autre problème est celui de la prétendue perfection d置nité de style sinon de contenu de l弾nsemble des Centuries, ce qui viendrait démontrer qu弾lles sont bien toutes d置n seul et même auteur. Là encore, la question se pose : est-on en mesure de pasticher avec un tel brio les Centuries si certaines sont des contrefaçons ? Or, un tel questionnement ne fait sens que si l弛n peut circonscrire des quatrains authentiques de Michel de Nostredame, mais est-ce vraiment le cas ? Il serait, en effet, assez cocasse d段gnorer la possibilité qu誕ucun quatrain centurique ne fût du Mage de Salon. En ce sens, il nous semble très problématique de se référer à une quelconque preuve stylistique - le style étant imitable pas plus quà une quelconque preuve matérielle : il faudrait alors nous prouver que - ne serait-ce qu弾n cas de réédition d置n ouvrage - les imprimeurs ne soient pas capables de retrouver les impressions d弛rigine et de les utiliser. Avouons que lorsqu段l n馳 a pas de première édition d弛rigine, les faussaires jouent sur du velours, ne risquant pas de se voir confronter à la “vraie” édition mais tout au plus à des productions par le même libraire d誕utres ouvrages, comme dans le cas de Macé Bonhomme, ce qui n弾st pas très concluant dès lors qu置ne telle confrontation ne fait point appel à une comparaison mot par mot des éditions. Comparer les Centuries de Nostradamus dans une prétendue édition Macé Bonhomme à tel ouvrage de Guillaume de La Peyrière, parue chez le même libraire, n誕 qu置n intérêt bien limité car c弾st bien dans la mise en évidence de différences sur un arrière plan, par ailleurs, extrêmement proche sinon carrément identique, que l弛n peut percevoir des évolutions. Or, les seules pièces qui permettent une telle comparaison concernent le rapport des quatrains des almanachs avec les mêmes quatrains repris dans le Janus Gallicus et force est de constater que les différences ne manquent pas, ce qui nous amène à penser que de telles différences devraient également exister entre éditions des Centuries autour de 1590 et entre éditions antidatées aux années 1550-1560 et l弛n verra qu弾lles sont moins patentes, n弾n étant que des éditions de luxe à l段nstar de cet exemplaire unique du Kalendrier des Bergers offert par le libraire Antoine Vérard à Charles VIII (BNF, Réserve) et enluminé de telle sorte qu弛n dirait qu段l s誕git d置n manuscrit.

Le visage de la Lune

Jean Bonfons

Le visage de la Lune

   Pour notre part, nous pensons que la comparaison entre des éditions des Centuries et d誕utres productions astrologiques de Nostradamus, et ce, sans tenir compte du libraire de lédition conservée - car une certaine concertation existait entre libraires parisiens et lyonnais qui se partageaient le marché - est la plus significative et là force est de constater que les vignettes des deux groupes se ressemblent mais n弾n différent pas moins sensiblement - à la seule exception de la Paraphrase de Galien qui n誕ppartient pas stricto sensu au corpus nostradamique - comme on l誕 montré, tout au long de la présente étude et point n弾st nécessaire d弾ssayer de créer une diversion en nous engageant dans des recherches et propositions aléatoires faisant appel à des paramètres mal maîtrisés. En fait, l弛n perçoit toute l段mportance stratégique de cette Paraphrase, seule capable de légitimer les vignettes des éditions !555-1557 et pour cause puisqu弾lle leur a servi de modèle, au point que l弛n n誕 point hésité, pendant qu弛n y était, à situer les éditions de 1557 - et ce à deux reprises ! - chez le libraire même ayant édité la dite Paraphrase. Et à partir du moment où les vignettes 1557 étaient validées, létait également la vignette 1555, la réciproque étant tout aussi vraie: si les vignettes 1557 sont des faux, celle de 1555 l弾st également, avec tout son contenu. Pourquoi, en effet, aurait-on recouru à des vignettes différentes dans les éditions 1557 des Centuries et dans les Pronostications 1557 chez Jacques Kerver et 1558 chez Guillaume le Noir, tous deux libraires parisiens ? Serait-ce là un trait parisien ? Pas vraiment, puisque l誕manach pour 1566, quant à lui, comporte la même vignette, bien que paru à Lyon, chez Antoine Volant et Pierre Brotot. C弾st d誕illeurs grâce à cette vignette que l弛n dispose de la seule édition rigaldienne des Centuries avec Lune “visagée”. On imagine mal que la production nostradamique, telle que l誕 replacée Gérard Morisse, à partir de certains registres manuscrits, ait comporté deux vignettes différentes, l置ne avec et l誕utre sans la mention de M. De Nostredame. Ajoutons que chez les imitateurs de Nostradamus, un Antoine Crespin reprendra, dès le début des années 1570, la formule pour sa propre vignette quelque peu remaniée, en faisant figurer à l段ntérieur de son cadre “AC Nostradamus Astrologue du Roy”. La façon dont les luminaires sont représentés est tout à fait instructive, comme on l誕 déjà noté : si l弛n compare ces trois vignettes: la vignette Crespin, la vignette Galien et la vignette Nostredame23, la lune dans les vignettes Crespin et Nostredame est dessinée pareillement avec un visage24 - à l段nstar des vignettes en frontispice du Kalendrier des Bergers alors qu弾lle n弾n comporte pas à la vignette Galien et ses dérivés des éditions 1555 et 1557. L弾xemplaire de la Bibliothèque d旦trecht, inconnu des bibliographes jusquà il y a peu, vient confirmer la démonstration: alors que la Lune ne figure pas sur l弾xemplaire de Budapest, elle se trouve bel et bien sur celui d旦trecht, et c弾st une Lune de type Galien, sans visage, seul le Soleil ayant un visage sur l弾nsemble des vignettes considérées. Ce détail lunaire qui avait échappé au dessinateur de la vignette Galien, s段nspirant vraisemblablement également; mais plus librement, du KB, marque, à lévidence, toute une série de contrefaçons. On déplorera que les Editions Michel Chomarat aient choisi, en 1993, la vignette “Nostredame” pour frontispice du reprint de lédition 1557-Budapest.

Lune avec visage

Lune avec visage dans l'almanach pour 1566
et lune avec visage dans lédition (antidatée) Benoist Rigaud 1568

   Il est bien dommage, pour les tenants de la “bonne” date de 1555 et 1557, qu誕ucune des éditions authentiques des imitateurs de Nostradamus n誕it témoigné de l弾xistence de la vignette Galien dans le corpus nostradamique ! Heureusement pour eux, il reste le cas des almanachs pour 1563, l誕lmanach Barbe Regnault et la version anglaise, la première vignette Galien se retrouvant en 1588 chez la veuve Nicolas Roffet et la seconde chez Pierre Ménier, en 1589.25 On sait que ces almanachs comportent des quatrains des almanachs pour 1555 et 1562 mais de quand datent-ils vraiment ? On sait aussi que la Pronostication Barbe Regnault 1562 (cf. frontispice du RCN), comporte, elle aussi, une vignette Galien. On a donc là trois cas de publications pseudo-nostradamiques non centuriques comportant la dite vignette. C弾st dire que le problème de la datation des publications antidatées est important et qu段l importe de développer une méthodologie adéquate pour ce faire. Il ne faut pas en effet oublier que derrière une fausse date, il y a nécessairement une vraie date à découvrir. On notera aussi que les bibliographies nostradamiques existantes fournissent des éléments qui, pour diverses raisons, n弛nt pas encore été bien exploités.

1557 1563

Exemplaire de la Bibl. d'Utrecht chez le même libraire que celui de la Paraphrase
et faux almanach B. Regnault pour 1563.
Deux critères : Lunes sans visage et pas de mention du nom dans la vignette,
à partir de la vignette Galien

   On notera le cas assez remarquable des vignettes “compas”, notamment dans le cas de l誕lmanach pour 156626 lesquelles comportent toutes une lune “à visage”.27 Une seule exception, lédition rouennaise, bien tardive de 1649 qui comporte une Lune sans visage dans le cadre d置ne vignette “compas”.28 En revanche, les vignettes des seconds volets des éditions rigaldiennes des Centuries représentant un personnage ont une Lune sans visage.29 Cette Lune “visagée”, nous la retrouvons hors du champ nostradamique, du fait précisément, de l段nfluence du Kalendrier des Bergers, dont le corpus nostradamique ne constitue qu置ne branche. C弾st le cas de la Grande Prophétie et Pronostication des Laboureurs pour les années 1615-1619 etc parue chez Pierre Chevillot, libraire troyen qui publiera par la suite les Centuries. C弾st le cas des Prophéties generales pour neuf années (...) par le bon Hermite Solitaire, Troyes, Veuve P. Garnier ou encore, en Angleterre, du Compost of Ptholomeus.30 Ajoutons qu置ne telle Lune visagée constitue le motif unique du frontispice de la Pronostication Perpétuelle recueillie de plusieurs autheurs par Maistre Michel Nostradamus etc, parue à Paris, chez Jean Bonfons, également éditeur du Kalendrier des Bergers. Il est bien possible, somme toute, que l段conographie ait le dernier mot en matière détudes nostradamiennes, tant les discussions sur l段nterprétation des quatrains, sur le style, semblent parfois vaines. En tout état de cause, le trafic des vignettes, quant à lui, témoigne de la pérennité d置n certain matériel iconographique, sur plusieurs siècles.

Editions des Centuries

Editions des Centuries avec et sans lune visage

Grande prophétie Prophéties générales

Compost of Ptholomeus Le grand Kalendrier et compost des Bergers

Les visages de la lune

   Il convient - une fois pour toutes - que l弛n comprenne bien qu誕ucune recherche sérieuse ne saurait se contenter de justifier, du moins dans le domaine de l辿istoire des textes, un certain état de conservation d置n corpus mais bien d弾n souligner les manques : les présences nous renvoient nécessairement aux absences, dont elles portent la trace. C弾st ainsi que l弛n ne dispose pas de toutes les éditions du Kalendrier des Bergers / Bergères : le lien avec les Très Riches Heures du Duc de Berry est souligné par le fait que sur chaque vignette que sur 11 des 12 vignettes, on trouve à l誕rrière-plan, très rapidement esquissé, le profil d置n édifice assez imposant - celui de quelque château - ce qui peut quand même sembler incongru dans ce contexte champêtre. La vignette de janvier, en revanche, la plus fréquemment reprise, ne comporte pas dans les éditions connues un tel arrière-plan. En revanche, dans certaines éditions anglaises, même la vignette de janvier introduit une telle construction. Comme il est hautement improbable que ce soit le fait d置ne initiative locale, c弾st-à-dire anglaise, il nous semble bien qu段l s誕gisse de la “trace” d置ne telle présentation dans une édition française disparue du Kalendrier. Il va de soi qu置ne telle méthodologie vaut également pour le corpus nostradamique. D弛ù le clivage existant, parmi les nostradamologues, entre ceux qui ne connaissent que le corpus nostradamique stricto sensu, et ceux qui ont l弾xpérience d置ne pratique comparative appliquée à d誕utres corpus, sans parler du fait que les corpus séclairent mutuellement de par leur contenu même.

Jacques Halbronn
Paris, le 6 mars 2005

Notes

1 Cf. “les deux vignettes centuriques les plus célèbres”, Espace Nostradamus. Retour

2 Cf. son étude sur Espace Nostradamus. Retour

3 Cf. notre article sur le site CURA.free.fr et nos Etudes autour des éditions ptolémaïques, en postface au Commentaire du Centiloque de Nicolas Bourdin, Paris, Trédaniel-La Grande Conjonction, 1993. Retour

4 Cf. notre étude sur la fortune des deux plus célèbres vignettes nostradamiques, Espace Nostradamus. Retour

5 Cf. RCN, pp. 25-27. Retour

6 Cf. notre chapitre dans Le Texte prophétique en France. Formation et fortune, Université Paris X, 1999. Retour

7 Cf. la version de la dite Pronostication telle qu弾lle est reprise du Recueil des Présages Prosaïques par B. Chevignard, Présages de Nostradamus, Paris, Ed. Seuil, 1999. Retour

8 Sur la question des quatrains de la Pronostication pour 1555, voir une étude parue sur Espace Nostradamus. Retour

9 Cf. reproduction de la page de titre dans une étude sur lédition genevoise de 1497 du Kalendrier des Bergers, Ed. Boeschl, Berne, 1920. Retour

10 Cf. RCN, A 78, p. 644. Retour

11 Cf. RCN, A 79, p. 644. Retour

12 Cf. notre précédente étude. Retour

13 Cf. Documents Inexploités sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002. Retour

14 Cf. Erik Dal, The ages of Man and the months of the Year. Poetry, Prose and Pictures outlining to Douze Mois figures. Motif Mainly found in the Shepherds Calendar and in Livres d辿eures (14th Century to 17th Centuries), Copenhague 1980, pp. 26-27. Retour

15 Cf. M. Chomarat, Bibliographie Nostradamus, planches 8 et 9. Retour

16 Cf. nos Documents inexploités sur le phénoméne Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002. Retour

17 Cf. notre étude “Nostradamus face à la critique” sur le site du CURA.free.fr. Retour

18 Cf. RCN, vignette A 24. Retour

19 Cf. RCN, A 23. Retour

20 Augsbourg, 1473, Badische Landesbibliothek, Karlsruhe, cote 2 an Kc 42, reprint G. Olms, Hildesheim, 1974. Retour

21 Cf. Saint Jean Bourdin, Analyse des Très Riches Heures du Duc de Berry, 1982. Retour

22 Cf. notre étude sur “Lévaluation de la géographie des Centuries”, sur Espace Nostradamus. Retour

23 Cf. M. Chomarat, Bibliographie Nostradamus, Baden-Baden, Koerner, 1989, pp. 10, 14, 22, 25, 28, 31, 39, et 71 et B. Chevignard, Présages de Nostradamus, Paris, Seuil, 1999, pp. 394, 419, 445, et J. Halbronn, Documents Inexploités sur le phénomène Nostradamus, Feyzin, Ed. Ramkat, 2002, pp. 81 et 204. Retour

24 Pour d誕utres éditions, voir RCN, p. 638 : A 17, A 18, A 19, A 20, A 22. Retour

25 Cf. notre étude sur ce sujet, sur Espace Nostradamus. Retour

26 Reprint in Cahiers Michel Nostradamus, cf. notre étude sur “les vignettes les plus célèbres du corpus nostradamique”, Espace Nostradamus. Retour

27 Cf. Chomarat, Bibliographie Nostradamus, op. cit., pp. 46 et 58. Retour

28 Cf. Chomarat, Bibliographie Nostradamus, op. cit., p. 116. Retour

29 Pierre Rigaud, s. d., cf. Chomarat, Biblographie Nostradamus, op. cit., p. 92. Retour

30 Cf. nos “Etudes sur les éditions ptolémaïques de Bourdin”, op. cit. Retour



 

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